Les aliments interdits pour chaque âge

Lucille est le premier bébé de Sarah. Pour l’instant, pas de panique côté frigo : c’est tétée à tous les étages… Mais dans 6 mois, comment va-t-il falloir s’y prendre ? Quelles soupes et quelles compotes proposer ? Et surtout, quels aliments éviter ?

La diversification alimentaire est un processus à mettre en place très progressivement, avec tout de même quelques interdits au menu des petits gourmands.

Comprendre les besoins de bébé

Pourquoi ce qui est bon à manger pour un adulte serait-il nuisible à un enfant ?

  • Le système digestif d’un tout petit n’est pas mature. Jusqu’à 3 ans, son organisme n’est pas capable d’assimiler tous les aliments. Ce qui est sain et profitable pour lui à 5 ans peut être néfaste avant 12 mois. Ainsi, les légumes secs ou le chou, riches en fibres, pourraient irriter ses intestins. Plus tard, au contraire, ces aliments seront bénéfiques et même recommandés.
  • L’alimentation va beaucoup compter dans le développement de votre enfant, sa croissance et son équilibre en général. Pendant ces premières années, il revient directement aux parents de veiller à la qualité de ce qu’il mange et à son éducation alimentaire. Car en grandissant, certains excès ne pourront pas être évités !
  • Ce n’est pas la peine d’introduire trop tôt des produits très gras ou sucrés : pendant ses trois premières années, on évitera les diverses fritures (frites, beignets…), les charcuteries (sauf le jambon blanc) et toutes les boissons gazeuses. Dans la composition des premières compotes maisons, lorsque l’on utilise des fruits bien frais et mûrs, l’ajout de sucre est inutile. Ne salez pas les potages et les purées : les légumes et les bouillons au naturel ont vraiment du goût !
  • Le poisson (sans les arêtes) est un très bon aliment pour les tout petits et très facile à préparer en filets, cuits à la vapeur. Avec les poissons blancs, c’est sans restriction pour les soles, dorades ou autres merlans : les nourrissons les goûtent très tôt (sauf si on connaît des signes de « prédispositions » allergiques). En revanche, pour les poissons du type turbot ou les crustacés, on attendra 2-3 ans.

Aliments goûteux mais douteux

Des petits qui raffolent des crustacés ou des moules ? Le fromage au lait cru ? Du saumon fumé ? Difficile de dire non à un bambin de 3 ans qui louche sur l’assiette de ses parents. Alors pour tous ces produits très typés, qui enseignent à leurs palais inexpérimentés le salé, l’amer et l’iodé, le choix est à la fois personnel et culturel. Pour ce qui est du chocolat, n’en offrir que vers 18 mois semble pourtant assez raisonnable, pour éviter tout élément trop sucré. Pour ne pas tomber dans l’hygiénisme et la paranoïa, ni transformer non plus votre enfant en bouillon de culture, demandez conseil à votre pédiatre.

Cacahuètes, noisettes ou olives : attention !

Tous les parents savent qu’il n’y a rien de pire et à la fois de plus tentant, pour un petit gourmand, qu’un bol de cacahuètes, de pistaches ou de noix de cajou.

  • Ces graines, souvent laissées à disposition, présentent un risque majeur : la fausse route lorsqu’il avale. Ce danger d’étouffement existe aussi avec les bonbons durs ou dragéifiés, que les frères ou sœurs peuvent oublier sur le comptoir de la cuisine, dans une poche, ou laisser traîner.
  • Avant 2 ans, il faut rester extrêmement vigilant en gardant un œil bien ouvert. Ces aliments tentants ne doivent jamais rester à leur disposition, quel que soit leur âge !

Les allergies alimentaires de bébé

  • Avec la recrudescence des allergies alimentaires chez les enfants, certains groupes de produits sont devenus particulièrement suspects. Quelques aliments concentrent à eux seuls, l’essentiel des cas d’intolérance.
  • Les symptômes allergiques sont très divers et d’intensité variable (de la diarrhée à la nausée, de la rougeur cutanée à la toux) : pour les enfants à risque (parents allergiques, bronchites à tendance asthmatique pendant les premiers mois), on déconseille l’introduction précoce des œufs et du lait de vache. Parmi les autres aliments allergisants les plus communs, on trouve les cacahuètes et les fruits exotiques (le kiwi !) et certains fruits rouges (fraises, framboises, mûres).
  • Certaines allergies passent avec l’âge : en évitant, par exemple, le blanc d’œuf (l’albumine) pendant les 2 premières années d’un petit, on protège son organisme. Après un test pratiqué par un allergologue, si le résultat se révèle négatif, on pourra introduire l’œuf entier dans l’alimentation de l’enfant.

Alcool : prohibition totale

Certains gardent en mémoire les phrases de prévention qui se trouvaient en introduction des carnets de santé, dans les années 1960 : « Pas d’alcool, mais donnez-leur du jus de fruit, du lait et de l’eau », ordonnait alors le ministère de la Santé. Interdire l’alcool aux enfants, ce n’est pas une question de morale, mais bien de sécurité. Pour l’enfant, l’alcool, le vin, la bière et même le cidre sont, ni plus ni moins, de vrais poisons.

Tout vient à point, pour qui sait attendre !

  • La diversification, c’est tout un art : une alchimie entre bon sens et interdits formels.
  • Face à l’augmentation constante du nombre d’enfants touchés par les allergies, on conseille aux parents de donner du lait (maternel ou artificiel) jusqu’à 6 mois.
  • De la même façon, il ne faut pas trop retarder non plus l’introduction des nouvelles textures et des nouveaux goûts, pour stimuler sa curiosité, son éveil, et ouvrir les papilles à la variété.
  • La mode de la diversification très précoce de l’alimentation des nourrissons a fait long feu : plus question d’imaginer un bébé de 4 semaines ingurgitant une purée de pommes de terre à la petite cuillère.
  • Ces pratiques étaient pourtant connues dans les années 1970. La diététique est revenue aujourd’hui à des bases classiques, et les bébés s’en portent mieux semble-t-il.
  • Les intolérances alimentaires nécessitent une très grande vigilance : c’est pourquoi la prévention est si importante pendant les premières années. Les aliments évités en tout début de vie pourront, dans de nombreux cas, être tolérés plus tard.

Café et thé : ça énerve !

Du café ou du thé le matin pour les petits ? C’est non ! Ce n’est pas pour rien que l’on a inventé des boissons chaudes ou froides desquelles ces substances excitantes (théine ou caféine) ont été éliminées. Au petit-déjeuner des juniors : du lait, du chocolat, des jus de fruit et pourquoi pas, pour les imitateurs, de la chicorée ou une infusion ?

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