Les otites à répétition

Le froid arrive et le risque pour votre enfant de faire encore une otite augmente. Pourquoi les enchaîne-t-il tout l’hiver ?

Il existe plusieurs types d’otite : congestive, aiguë, séreuse. Nous vous expliquons leurs différences et leurs traitements.

L’otite moyenne aiguë

C’est l’infection bactérienne la plus fréquente avant 3 ans. Un nez bouché en est souvent à l’origine. La caisse du tympan, située au niveau de l’oreille moyenne, est aérée par un petit tuyau nommé la trompe d’Eustache. Elle est reliée aux trompes nasales. Quand le nez est pris, la trompe fonctionne moins bien. La caisse du tympan n’est plus aérée et peut donc s’enflammer. Alors elle se congestionne. Un liquide purulent apparaît à l’intérieur de l’oreille interne. Il fait pression sur le tympan et peut aller jusqu’à le rompre.

Une otite est « récidivante », si elle s’est manifestée plusieurs fois pendant l’hiver.

Les symptômes : la douleur fait crier votre bébé surtout en situation allongée. La fièvre ne se déclare pas toujours, parfois, une conjonctivite est associée, qui oriente le diagnostic vers un hémophilus, traité par des antibiotiques. Très rarement, heureusement, un écoulement survient, ce qui montre que le tympan est percé et qu’il laisse s’écouler l’infection.

Adoptez les bons gestes

  • Les rhinophayngites qui s’enchaînent tout l’hiver, accroissent le risque d’otites récidivantes. Soyez vigilant !
  • Envisagez un mode de garde où la contagion entre enfants est plus limitée. La nourrice, au lieu de la crèche par exemple.
  • Ne fumez pas en présence de votre enfant et évitez les lieux où il peut être victime de tabagisme passif.
  • En hiver, évitez les piscines et l’eau chlorée, qui sensibilisent le conduit auditif.
  • Les rhumes chroniques peuvent être provoqués par une allergie, c’est une piste à suivre !
  • Apprenez à votre tout-petit à se moucher, pour que le mucus s’évacue au plus vite.
  • Rincez-lui le nez avec de l’eau de mer stérilisée, ou du sérum physiologique.
  • Envisagez une opération des végétations si elles sont en permanence infectées.

L’otite séreuse (séro-muqueuse)

Après une otite moyenne aiguë soignée, il reste parfois une petite quantité de liquide séreux à l’intérieur de l’oreille. À la moindre rhinopharyngite, cette otite ne demande qu’à se réveiller et à s’infecter. C’est le début du cercle infernal, car elle déclenche souvent une nouvelle otite moyenne aiguë. Un enfant souvent enrhumé peut avoir une otite séro-muqueuse, sans avoir eu d’otite aiguë. Le nez est encombré, la trompe d’Eustache joue mal son rôle et les sécrétions émises par la muqueuse de l’oreille ne s’évacuent pas et s’accumulent sur place.

Les symptômes sont presque inexistants. Ce type d’otite est souvent indolore. Elle est détectée, la plupart du temps, par les parents, inquiets de constater que leur enfant n’entend pas correctement les conversations, ou la télévision. Ces otites provoquent souvent une perte auditive d’environ 30 décibels. Le liquide qui stagne derrière la membrane du tympan, gêne sa mobilité et altère l’audition. 20 % des enfants de 5 ans ont une otite séreuse, associée à un problème auditif.

La bonne méthode pour nettoyer les oreilles

Rappelons que les oreilles se nettoient elles-mêmes. Les poils situés dans le conduit auditif repoussent naturellement le cérumen vers l’extérieur. Les cotons-tiges fragilisent les oreilles. Trop gros, ils sont inadaptés à votre enfant. Ils repoussent le cérumen vers le fond, au risque de boucher l’oreille. Essuyez le bord du conduit et laissez à votre pédiatre le soin de le nettoyer, si besoin.

Quels traitements ?

Un traitement est adapté à chaque stade de l’infection :

  • Si le tympan est rouge, enflammé et sans pus, c’est une otite aiguë, d’origine virale. Elle est rare et traitée localement avec des gouttes. Un antalgique calme la douleur et un antipyrétique abaisse la fièvre. Tout va mieux en 24 à 48 heures.
  • Si le tympan est très bombé, on peut craindre que la caisse du tympan ne se remplisse de liquide purulent. On a alors recours aux antibiotiques. Une infection bactérienne à pneumocoques, ou hémophilus, est toujours possible. Non traitée, elle peut entraîner de graves complications, comme une méningite ou une mastoïdite (un abcès dans l’os mastoïdien, derrière l’oreille.)
  • Si l’enfant souffre malgré le traitement, on peut effectuer une paracentèse. C’est une petite incision dans le tympan dans le sens des fibres. Le liquide purulent s’évacue. L’enfant est immédiatement soulagé. L’incision se referme en quelques heures. Un prélèvement du liquide permet d’isoler le germe infectieux et d’adapter le traitement antibiotique.

Pour une bonne audition

En pleine phase d’apprentissage de la parole ou de la lecture, une mauvaise audition peut être à l’origine de difficultés scolaires.

  • La pose d’un « yoyo », ou aérateur trans-tympanique, est envisagée si les traitements à base d’antibiotiques et de corticoïdes sont sans effet au bout de trois mois. L’opération ne peut avoir lieu avant l’âge de 1 an. L’anesthésie générale est nécessaire. L’intervention, de courte durée, est réalisée en ambulatoire. Le médecin pratique une paracentèse, puis il place l’aérateur qui empêche le tympan de se refermer. Parfois, de petits saignements apparaissent le jour suivant. Ils sont sans gravité. L’oreille moyenne est alors bien aérée. L’enfant entend mieux. On programme l’intervention en fin d’été, car le contact avec l’eau est interdit même sous la douche !
  • Des contrôles réguliers du médecin vérifient que le yoyo reste bien en place. On ne laisse pas un aérateur plus d’un an et demi de peur que le tympan ne se referme plus, il est d’ailleurs généralement expulsé naturellement par le tympan entre six mois et un an après la pose.
  • En cas d’otite au moment de l’opération, l’oreille évacue en quelques heures par la trompe d’Eustache, le liquide séreux qui obstruait la caisse du tympan. Des gouttes auriculaires antibiotiques suffisent à régler le problème en quelques jours.

Au creux de l’oreille

  • Déjà in utero, l’ouïe du fœtus perçoit les battements du cœur de sa maman et les gargouillis de son estomac. Il entend aussi les bruits extérieurs.
  • Signe de sa vive attention pendant cette période, il est capable de reconnaître la voix de sa mère, immédiatement après l’accouchement. Il cherchera à tourner sa tête vers cette voix, même en présence d’autres voix féminines.
  • À 3 mois, ses oreilles entendent 15 à 30 décibels (dB) de moins que vous. Par exemple, il perçoit mal les chuchotements et les fréquences hautes, comme un sifflement, ou basses, comme le tonnerre. Il a une préférence pour les sons du quotidien et les voix familières : celles de papa, de maman, de ses frères et sœurs, de sa nounou, etc.
  • On dit que les nouveaux-nés possèdent l’oreille absolue. Des chercheurs ont mis en évidence qu’ils seraient capables de détecter une fausse note dans une gamme jouée au piano. Malheureusement, cette capacité se perd avec l’âge, puisque seul un adulte sur 1 500, en moyenne, possède ce don. Pour protéger cette ouïe fine, il faut éviter d’exposer les bébés à un bruit équivalent à 75 dB (une rue à la circulation bruyante), pendant un long moment.
  • C’est seulement vers 10 ans que l’enfant entend aussi bien que l’adulte et à partir de 35 ans que l’audition commence doucement à s’altérer.

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