Mon enfant n’aime pas lire

Certains enfants ont, tout jeunes, une passion pour les livres. Pour d’autres, c’est moins évident. Mais ne baissez pas les bras… la partie n’est pas encore perdue !

Pour favoriser le goût de la lecture chez l’enfant, il est important de le mettre très tôt au contact des livres. Et ce, avant même qu’il ne sache lire.

Dès le berceau sensibiliser l'enfant à la lecture

Les éditeurs proposent une large palette de livres pour enfants, dès les premiers mois de la vie. Pour les bébés, c’est l’objet qui est attirant, en peluche, en plastique, en tissu, en éponge, avec des couleurs plaisantes. Ensuite, grâce à vos lectures à voix haute, ils découvrent des histoires qu’ils adorent écouter, qui les font voyager, rire…

  • Emmenez votre enfant dans les bibliothèques : il y a en général un espace très chaleureux réservé aux enfants et des bibliothécaires qui peuvent vous guider dans vos choix. N’oubliez pas qu’un livre est un cadeau qui fait autant plaisir à un petit enfant qu’un jouet. Laissez-le s’approprier ceux que vous ou votre entourage lui offrez. Mettez un meuble, une petite bibliothèque ou un tiroir à sa disposition, dans lequel il pourra les ranger et en disposer à sa guise.
  • Montrez l’exemple : il doit voir ses parents prendre plaisir à la lecture pour y trouver lui-même de l’intérêt. Le plus souvent l’enfant imite le comportement de ses parents, il a vraiment très envie de leur ressembler.
  • Lire des histoires à un enfant développe son goût pour le livre et facilite son apprentissage de la lecture. On a pu remarquer que, si tous les enfants avaient un intérêt inné pour l’objet, ils pouvaient le perdre s’ils rencontraient des difficultés d’apprentissage. En écoutant son père, sa mère ou une personne de son entourage lui faire la lecture, un enfant va apprendre de nouveaux mots, reconnaître des sons, assimiler le fait qu’un récit a une structure (début, fin) aussi simple soit-elle. L’enfant doit avoir le livre devant lui, pour regarder les illustrations, mais aussi se familiariser avec les lettres. Progressivement, il va apprendre, par lui-même, à en déchiffrer certaines, comprendre qu’il y a un lien entre les lettres écrites et les sons qu’il entend… Une bonne base qui lui sera utile lorsque commencera l’apprentissage de la lecture et de l’écriture à l’école.

Comment réagir ?

  • Votre enfant sait lire, mais ne va pas volontiers vers les livres. Lui imposer une lecture a peu de chance de développer son goût pour celle-ci. La lecture doit rester un plaisir, pas une contrainte. Misez plutôt sur la variété. Si votre enfant ne lit pas, c’est peut-être que ce qu’on lui a mis entre les mains ne correspondait pas à ses attentes ou à ses goûts. Si les contes ne l’attirent pas, proposez lui des livres qui abordent des sujets qui le passionnent : animaux, science-fiction, dinosaures… même s’ils ne sont pas à votre goût. Changez de thèmes, de genres, de formats…
  • Encouragez-le à fouiner dans les bibliothèques et les librairies pour dénicher une œuvre qui l’intéresse. C’est en éprouvant du plaisir à lire que l’enfant aura envie de voir plus loin, de découvrir d’autres domaines, d’autres mondes. S’il préfère les bandes dessinées, pas de problème ! C’est toujours de la lecture.
  • Si vous avez du mal à vous faire une idée devant l’immensité de l’offre, demandez l’aide des bibliothécaires et des libraires, ils savent ce qui marche auprès des enfants et vous seront de bons conseils.

La lecture : un plaisir solitaire ?

Très souvent, lorsqu’un enfant acquiert les premières notions de lecture, les parents cessent de lui lire des histoires à voix haute. Et pourtant, ces séances sont encore profitables à l’enfant. Principalement, parce qu’il ne lit pas encore assez bien pour apprécier pleinement le récit.

Ses premières lectures tout seul sont surtout vécues comme des exercices, alors qu’en vous écoutant il ne fait pas d’efforts et l’histoire conserve son charme et toute sa saveur. Le mieux est de choisir des histoires d’un niveau plus élevé que celles auxquelles il a accès par lui-même. C’est l’occasion pour lui d’étoffer son vocabulaire et d’accéder à des intrigues ou des récits plus riches. Une façon aussi de le motiver dans son apprentissage, de lui donner envie de découvrir, par lui-même, des récits plus excitants…

La littérature Jeunesse

  • Les parents et les enseignants se plaignent du désintérêt des enfants pour les livres. Et pourtant, la littérature Jeunesse se porte plutôt bien aujourd’hui, car elle représente 9,7 % du marché de l’édition. Son chiffre d’affaires a certes baissé en 2004 de 6,5 %, à 250 millions d’Euros mais après une hausse de 15,6 % en 2003.
  • Cette bonne santé, la littérature Jeunesse la doit pour beaucoup au phénomène Harry Potter. Plus de 20 millions d’exemplaires vendus en France (d’après Gallimard en 2011) des aventures du héros de J.K. Rowling. Ce petit magicien a dopé les ventes de son éditeur, mais aussi encouragé ses concurrents à investir dans ce domaine de l’édition pour enfant.
  • L’offre s’est étendue, les collections se sont multipliées, de nouveaux auteurs sont apparus pour renouveler les genres ! Et les parents ont repris courage : oui, les livres peuvent autant intéresser les enfants que leur console vidéo et la télévision ! Il semble, par ailleurs, que l’on assiste à une prise de conscience chez les parents que tout (ou presque) se joue dès le plus jeune âge : la littérature d’éveil, c’est à dire destinée à la petite enfance, est l’un des secteurs qui connaît la plus belle progression.

Une différence entre garçons et filles ?

Certains pensent que c’est une idée reçue, mais nombre d’études tendent à montrer que les filles lisent plus que les garçons. Très souvent, les garçons lisent lorsqu’ils y sont obligés, les filles pour le plaisir. Et ce fossé semble se creuser avec l’âge. Certains avancent une explication : la lecture est considérée comme une activité féminine, trop calme pour les garçons qui se doivent d’être dans l’action pour prouver leur virilité ! Les garçons se désintéresseraient donc des livres à cause d’une certaine pression sociale et de stéréotypes trop fortement ancrés.

Il ne lit pas ? Vérifiez sa vue !

Il arrive parfois que les difficultés d’apprentissage de la lecture soient liées à des problèmes de vue. Ceux-ci sont en principe décelés lors de l’examen médical réalisé à l’entrée au CP, mais il importe que les parents, comme les enseignants, demeurent vigilants. Si un enfant a les yeux rouges, qui pleurent ou qui « piquent » lorsqu’il déchiffre, qu’il se sent fatigué ou a des maux de tête au retour de l’école, s’il lit le nez collé au livre, s’il confond certaines lettres, il a peut-être un défaut visuel qui transforme forcément pour lui la lecture en un exercice déplaisant. Au moindre doute, consultez un spécialiste…

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