L’angine : du diagnostic au traitement

L’angine chez le jeune enfant a longtemps eu mauvaise réputation, à cause des risques de complications. Puis, les antibiotiques sont arrivés et sont vite devenus le traitement incontournable, jusqu’à ce que l’on s’aperçoive qu’ils sont inutiles dans la grande majorité des cas !

L’angine est une maladie fréquente. Cette inflammation des amygdales, voire de l’ensemble du pharynx, se traduit en général par de la fièvre et une gêne à la déglutition. L’enfant se plaint de la gorge, il a mal lorsqu’il avale sa salive ou lorsqu’il mange, il peut aussi avoir des maux de tête, une conjonctivite et des ganglions plus ou moins volumineux dans le cou. Souvent il est enrhumé, il tousse…

L'angine rare du bébé et du jeune enfant

L’angine herpétique, la plus rare, touche surtout les jeunes enfants. Elle se transmet par les gouttelettes infectées rejetées dans l’atmosphère par la toux ou les éternuements. Après une incubation de 2 à 7 jours, l’enfant a une poussée de fièvre, perd l’appétit, se plaint de la gorge, de maux de tête et de douleurs musculaires. À l’auscultation, sa gorge est rouge et quelques petites vésicules remplies de liquide apparaissent. Elles vont grossir, puis éclater. Les gencives peuvent également être atteintes et saigner. La maladie guérit spontanément en une semaine, sans traitement particulier.

Le diagnostic de l’angine

Le médecin remarquera des amygdales bien rouges et gonflées (angine érythémateuse), quelquefois parsemées de points blancs (angine érythémato-pultacée). Plus rarement, il observera de petites vésicules sur le larynx. On parle alors d’angine herpétique ou vésiculeuse, due à un entérovirus, à une première poussée d’herpès. Reste à l’identifier précisément et à déterminer son origine. Elle peut être due à un virus ou à une bactérie, tous deux contagieux, mais qui ne se traitent pas de la même façon. Il est donc primordial d’en connaître la cause.

Traiter les causes de l'angine

Si votre enfant a plus de 7 angines par an, votre médecin vous conseillera de consulter un ORL. Ce dernier vérifiera que votre petit ne manque pas de fer et proposera éventuellement une cure pour stimuler ses défenses immunitaires. Il pourra aussi envisager une ablation des amygdales à partir de 5 ans si elles sont volumineuses et si l’enfant fait des pauses respiratoires nocturnes. Votre bout de chou sera hospitalisé pour la journée (48 heures au plus) et le chirurgien retirera intégralement les amygdales sous anesthésie générale. Une semaine de repos suffit pour se remettre complètement.

L’angine : reconnaître les symptômes

Chez le tout-petit, ce n’est pas toujours facile ; mais à partir de 3 ans, votre médecin doit faire systématiquement un test de diagnostic rapide (TDR).

  • À l’aide d’un bâtonnet, il prélève quelques cellules dans la gorge ; pas très agréable mais totalement indolore. Il plonge ensuite ce prélèvement dans un produit réactif. Deux minutes plus tard, il immerge une bandelette dans ce liquide.
  • Si la bande se colore de rouge, il s’agit d’un virus : influenza, virus respiratoire syncytial, adénovirus, virus parainfluenza. Cette « angine rouge » va guérir spontanément en 3 ou 4 jours. Un peu de paracétamol fera tomber la fièvre et soulagera l’enfant.
  • Si deux bandes rouges distinctes apparaissent sur la bande, c’est un streptocoque qui est à l’origine de cette « angine blanche ». Dans 25 à 40 % des cas chez l’enfant, c’est le streptocoque bêta-hémolytique du groupe A, également responsable de la scarlatine.

L’angine : les complications possibles

Cette bactérie peut entraîner des complications sévères : rhumatisme articulaire aigu (inflammation des articulations et du cœur) ou inflammation des reins, cause d’insuffisance rénale.

  • La fréquence de ces complications a diminué en raison de la prescription d’antibiotiques : moins d’1 cas pour 100 000 par an chez les enfants de 4 à 14 ans.
  • Plus rarement, d’autres bactéries, en particulier d’autres streptocoques bêta-hémolytiques (notamment C et G) peuvent être en cause, mais leurs complications sont moins graves. Néanmoins, toute angine d’origine bactérienne est généralement traitée par une cure d’antibiotiques.

Les amygdales

Les amygdales sont situées de chaque côté de la luette, en arrière du pharynx (au fond de la bouche). Leur mission : protéger les voies respiratoires et le système digestif contre les infections, comme le ferait un filtre. Présentes dès la naissance, elles augmentent progressivement de volume pour atteindre leur taille maximale vers 7 ans, puis diminuent un peu à l’âge adulte.

Les antibiotiques contre l'angine

En cas d’angine bactérienne, on prescrit de l’amoxicilline par voie orale, pendant 6 jours. Il est impératif de respecter la durée du traitement même si les symptômes ont disparu. Sinon, l’enfant risque une rechute et de développer une résistance au traitement. Cet antibiotique raccourcit la durée de la maladie d’environ 24 heures s’il est prescrit très tôt. Il réduit aussi la transmission du streptocoque : l’enfant n’est plus contagieux après 24 heures. Sans traitement, les délais seraient beaucoup plus longs (jusqu’à 4 mois). Enfin, cet antibiotique limiterait le rhumatisme articulaire aigu. Mais son effet préventif sur les atteintes rénales n’a pas été démontré. Il pourra être associé à du paracétamol pour faire baisser la fièvre et atténuer les douleurs lors de la déglutition. En cas d’allergie, on peut aussi utiliser des macrolides.

L’angine : l’un des symptômes de la mononucléose

  • Une angine peut quelquefois cacher une autre maladie, plus complexe : la mononucléose infectieuse. Dans ce cas particulier, l’angine n’est alors que l’un des symptômes.
  • Si cette infection due au virus d’Epstein-Barr est plus fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes, elle peut aussi toucher les enfants. Tout commence par de la fièvre et des maux de tête. Rapidement apparaissent de gros ganglions, notamment dans la région cervicale, une grande fatigue et une forte angine. Les amygdales sont tuméfiées et enflammées, l’enfant a du mal à déglutir. Dans certains cas il peut même avoir des difficultés à respirer. Parfois s’y ajoute une éruption cutanée, qui ressemble à la rubéole.
  • Cette maladie ne se développe que lorsque le virus pénètre pour la première fois dans l’organisme. Le virus se transmet essentiellement par la salive, d’où son surnom de « maladie du baiser », mais il peut aussi se transmettre en buvant dans le verre d’un petit camarade infecté. Comme il s’agit d’un virus, les antibiotiques sont inutiles. Administrés à tort, ils peuvent même provoquer une aggravation des symptômes. Le malade récupèrera spontanément, en 4 à 6 semaines, sans traitement médicamenteux. Seule prescription : beaucoup de repos pour permettre à son système immunitaire de détruire le virus.

À lire aussi

Je crie trop !

« Je crie, il est surpris, il obéit. » Comment éviter…