Les infections urinaires

Depuis quelques jours, votre bébé est grognon, ne finit pas son biberon. Attention, ces petits signes très fréquents à l’âge des premiers rhumes et des premières dents peuvent aussi être les symptômes d’une infection urinaire.

L’appareil urinaire de l’enfant est particulièrement sensible aux risques infectieux. Il représente la deuxième localisation préférée des bactéries après la sphère ORL. Avant 1 an, ce sont principalement les petits garçons qui sont concernés puis les filles prennent le relais.

Un problème à ne pas méconnaître

Ces infections sont dues à une colonisation du système urinaire par des bactéries, le plus souvent d’origine fécale, qui remontent le long du flux urinaire en envahissant, dans un premier temps, l’urètre puis la vessie : on parle alors d’infection urinaire basse (cystite). Cette pullulation microbienne peut remonter vers le rein par l’intermédiaire d’une ou des deux uretères, provoquant une infection urinaire haute (pyélonéphrite). À ce stade, l’infection devient rapidement dangereus. En effet :

  • Le rein est en contact étroit avec le sang. Si ce dernier est contaminé, les bactéries vont pouvoir se diffuser rapidement dans tout l’organisme et provoquer une septicémie.
  • Les cicatrices laissées par l’infection sur le tissu rénal peuvent empêcher son bon fonctionnement et provoquer une insuffisance rénale, c’est-à-dire une mauvaise épuration de l’organisme ou une hypertension artérielle, car le rein est important dans la régulation de la pression sanguine.

L’analyse d’urine

L’analyse d’urine ou ECBU est un examen qui permet de mettre en évidence une éventuelle infection urinaire. Cette dernière est avérée si l’on retrouve plus de 100 000 germes d’une même espèce par millilitre d’urine ainsi que des cellules de défense de l’organisme (globules blancs ou leucocytes) dans les mêmes proportions. La présence de sang sous forme de globules rouges (hématies) est habituelle en cas de cystite. Enfin, les résultats définitifs mentionnent le nom de la bactérie : la très fréquente escherichia coli et encore bien d’autres au nom « exotique » : enterococcus, proteus, klebsielle, pseudomonas, etc.

Les signes d'une infection urinaire

Quel que soit son âge, votre enfant va vous faire comprendre que quelque chose ne va pas. Voici quelques codes :

  •  Chez le nouveau-né ou nourrisson, les signes de l’infection urinaire, basse ou haute, sont parfois trompeurs :
    • La fièvre est souvent isolée. Parfois très élevée, mais aussi modérée ou absente (toute fièvre chez un bébé de moins de 3 mois nécessite toujours un avis médical).
    • Des troubles digestifs (diarrhée, vomissements, refus du biberon) peuvent indiquer un éventuel problème urinaire.
    • Votre bébé paraît grognon, excité ou encore amorphe. Son teint semble pâle, grisâtre ou jaune : consultez rapidement.
  • Chez le plus grand, les symptômes sont volontiers plus bruyants :
    • Des signes d’inflammation de la vessie ou cystite : l’enfant peut se plaindre de brûlure lorsqu’il fait pipi, il a très souvent envie d’aller aux toilettes mais ne fait que de petites quantités d’urine. Chez ceux qui ont déjà acquis la propreté, le retour du pipi au lit ou dans la culotte peut être l’un des premiers signes.
    • En cas de pyélonéphrite, la fièvre est souvent élevée, accompagnée de frissons et de douleurs abdominales ou lombaires.

Comment limiter les infections urinaires ?

  • Faire boire l’enfant régulièrement et suffisamment : 1 litre par jour minimum.
  • Lui proposer d’aller aux toilettes toutes les 2 heures (récréations).
  • Apprendre à la petite fille à uriner correctement, en position assise, surtout sans précipitation et, complètement.
  • Prévenir la constipation en proposant des menus riches en fibre.
  • Surveiller, chez l’enfant qui se lave seul, la bonne réalisation de la toilette intime.

Confirmer le diagnostic

Devant ces symptômes, le médecin va réaliser une bandelette urinaire. Si elle est positive ou si l’enfant est trop jeune pour uriner sur commande, il faudra réaliser un examen cytobactériologique des urines (ECBU), qui nécessite de recueillir les urines dans un petit pot stérile ou dans une poche collante pour les plus petits. Toute la difficulté est de ne pas contaminer le prélèvement avec les bactéries environnantes.

  • Il faut réaliser une toilette soigneuse de toute la région périnéale avec du savon, rincer soigneusement, puis appliquer un antiseptique. Idéalement, chez le grand enfant, l’urine doit être recueillie en milieu de jet, ce qui ne manque pas de corser l’affaire !
  • Chez les plus jeunes, on posera une poche adhésive achetée en pharmacie qui sera changée toutes les 30 mn, si l’enfant n’a pas uriné dans ce délai. Les urines ainsi recueillies doivent être amenées au plus vite au laboratoire. Cet ECBU pourra être complété par une prise de sang.

Les antibiotiques : dans ce cas, c’est automatique

En cas d’infection urinaire confirmée par l’ECBU, le traitement passe par la prise d’antibiotiques adaptés aux germes en cause. Si l’enfant a moins de 6 mois et qu’il s’agit d’une pyélonéphrite, l’hospitalisation est nécessaire pour un traitement par voie intraveineuse. Pour l’enfant plus grand et en absence de signes de gravité, l’infection urinaire haute pourra être traitée à la maison par des injections d’antibiotiques, relayées rapidement par un traitement oral de 10 à 15 jours. Les cystites nécessitent un traitement antibiotique par voie orale de 5 à 7 jours.

Chercher les causes pour mieux traiter

  • Le traitement antibiotique permet, dans la grande majorité des cas, une stérilisation rapide des urines. Mais les récidives ne sont pas rares et en cas de pyélonéphrite, il faut rechercher une cause à cette infection.
  • Pour cela, certains examens complémentaires, comme la cystographie rétrograde, la scintigraphie rénale, l’échographie rénale, l’urographie intraveineuse, seront réalisés afin de rechercher une malformation ou une anomalie de l’appareil excréteur favorisant la stase urinaire et donc la prolifération microbienne.
  • L’anomalie la plus souvent retrouvée est le reflux vésico-urétéral : une partie de l’urine remonte par les uretères de la vessie vers le rein, offrant ainsi un moyen de transport idéal pour les microbes éventuellement présents.
  • D’autres causes : un manque d’hygiène (enfants qui s’essuient et se lavent seuls) ; un phimosis chez le garçon (un prépuce trop étroit) ; une constipation ; des boissons insuffisantes au cours de la journée ; une infestation par des petits vers blancs, appelés oxyurose ; une rétention volontaire d’urine, surtout à l’école : l’hygiène des toilettes laisse parfois à désirer. Attention également à l’entrée au CP où les pauses pipi ne sont plus obligatoires !

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