La vaccination contre le tétanos : c’est toujours obligatoire !

Aurait-on oublié à quel point cette maladie est grave ? Bien que la vaccination contre le tétanos soit obligatoire depuis 1952, elle n’est toujours pas pratiquée par 100 % des Français. Certains jeunes passent au travers des mailles du filet. Or, chaque année, 6 personnes en moyenne meurent du tétanos dans l’Hexagone.

Négligence ? Manque d’informations sur cette maladie pourtant mortelle ? Le fait est que l’on dénombre encore une trentaine de cas de tétanos par an en France. Entre 1996 et 2003, 48 décès ont été enregistrés.

Une bactérie dans le sol

À l’origine du tétanos : le Clostridium Tetani. Cette bactérie se développe dans les intestins des animaux, puis se retrouve dans la terre, la boue ou la poussière via leurs déjections. Autant dire que le danger est partout. Ce micro-organisme produit une toxine extrêmement virulente et très résistante à la désinfection, qui s’introduit dans l’organisme humain via une plaie, même très petite. Une écharde suffit à contracter le tétanos.

Une petite histoire du tétanos

Identifié en 1884, le tétanos reste très répandu dans le monde, où il ferait environ 5 millions de morts par an selon l’Organisation mondiale de la santé. Présent en France, il touche davantage certains départements comme la Meurthe et Moselle ou l’Allier… Autre précision intéressante : il ne se transmet pas de personne à personne.

Des effets dévastateurs

Une à deux semaines après l’infection, le malade commence déjà à ressentir des contractions des muscles du visage, et en particulier de la mâchoire. La progression de la toxine dans l’organisme est extrêmement douloureuse, provoquant une généralisation des contractures. La tête et le tronc sont renversés, le corps décrit un arc de cercle et, quand les poumons ou le cœur sont touchés, c’est la mort par asphyxie ou arrêt cardiaque.

Effets secondaires

Bien que très sûr, le vaccin antitétanique peut avoir des effets secondaires mineurs :

  • une douleur et/ou une rougeur à l’endroit de la piqûre ;
  • un peu de fièvre ;
  • des maux de tête.

En revanche, en cas de forte fièvre, d’infection ou de grossesse débutante, votre médecin décidera, sans aucun doute, de reporter la date du vaccin. En cas d’allergie connue, n’oubliez pas de le signaler à votre médecin traitant.

La vaccination en pratique

Le vaccin est élaboré à partir d’une toxine produite par la bactérie, et rendue inoffensive après traitement par le formol et la chaleur. S’il existe en présentation monovalente (vaccination contre le tétanos seulement), le vaccin est souvent associé à celui contre la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae (une forme de méningite bactérienne) ou encore au vaccin contre l’hépatite B.

Vacciner à quel âge ?

On appelle primo-vaccination la vaccination initiale, distincte des rappels (qui sont, rappelons-le essentiels).

  • En 2013 elle comporte deux injections à deux mois d’intervalle dès l’âge de 2 mois (2e injection à 4 mois). Le premier rappel a lieu à 11 mois, suivi d’un rappel entre 11 et 13 ans.
  • Le vaccin est remboursé à 65 % par la Caisse primaire d’assurance maladie et gratuit si vous le faites faire dans un centre de Protection maternelle infantile (PMI) ou un dispensaire (renseignez-vous auprès de votre mairie). Le cycle de vaccination terminé, les rappels de l’âge adulte sont désormais recommandés aux âges fixes de 25 ans, 45 ans et 65 ans.

En cas de blessure

Votre enfant est vacciné contre le tétanos et, à force de courir partout dehors, pendant les vacances, il se blesse.

  • S’il s’agit d’une petite blessure, le vaccin remplira très bien son office. Désinfectez tout de même bien la plaie.
  • Si la blessure est plus importante, une injection de rappel sera probablement prescrite par le médecin. Bien sûr, si votre enfant n’était pas à jour de ses rappels, le vaccin sera systématique, avec une injection dans un bras, puis une autre composée d’anticorps antitétaniques dans l’autre bras.
  • Une personne infectée par le tétanos n’est pas immunisée pour autant. Autrement dit, elle n’est pas protégée lors d’une prochaine exposition.

Plus d’infections l’été

Est-ce notre propension à être plus souvent dans le jardin l’été, au contact de la terre, des arbustes et de leurs épines ?

Le fait est que le nombre de cas de tétanos (maladie qu’il est obligatoire de déclarer en France) fait apparaître une nette augmentation des hospitalisations, dues à cette maladie, pendant les mois estivaux : il s’agit d’une augmentation de 45 % par rapport aux autres mois de l’année.

Un vaccin combiné, parfois en rupture de stock

  • En 2004, notamment, une rupture de stock des vaccins antitétaniques en France a contraint la direction générale de la Santé à proposer aux parents des enfants de plus de 6 ans un vaccin habituellement réservé aux adultes.
  • À l’origine de cette pénurie, on a évoqué un problème sur la souche concernant la diphtérie (maladie associée au tétanos dans la préparation du vaccin) et pour laquelle les études animales n’auraient pas été concluantes. Problème : que faire pour les nourrissons, pour lesquels la vaccination est obligatoire et qui ne pouvaient être concernés par le vaccin pour adulte, inadapté ?
  • Leur donner les vaccins polyvalents combinant la protection contre la coqueluche, la méningite ou encore l’hépatite B… C’est là que les associations de protection des consommateurs ont réagi. D’une part, parce que ces vaccins sont plus chers et moins bien remboursés, mais surtout parce qu’il est illogique, de leur point de vue, d’associer des vaccins obligatoires à d’autres qui ne le sont pas (sachant la réticence de certains parents face à la vaccination contre l’hépatite B par exemple).
  • Il est donc utile de rappeler que les vaccins multiples ne sauraient être obligatoires et qu’il est, en outre, toujours possible d’exiger, auprès de son médecin, le vaccin contre le tétanos seul.

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