Comment soulager les douleurs de la grossesse ? Par le Professeur René Frydman

Bien des douleurs peuvent venir ternir les neuf mois de votre grossesse. Le corps se modifie et s’adapte, parfois avec quelques difficultés pour la maman. Souvent bénins, ces petits maux de la grossesse n’en restent pas moins désagréables, voire douloureux. Que faire pour les adoucir ? Quels remèdes prendre en cas de réelle souffrance ?

Les maux de tête

Particulièrement ressentis en début de grossesse, les maux de tête sont, au mieux inconfortables, au pire invalidants. C’est du repos qu’il vous faut ! Étendez-vous, isolez-vous dans un endroit calme, dans le noir au besoin, et n’hésitez pas à vous poser un gant d’eau froide sur le front.

Lombalgies et douleurs de dos

Tout est une question de posture ! Remarquez comme les femmes enceintes ont la fâcheuse manie de se tenir cambrées… Au contraire, efforcez-vous de marcher le dos bien droit, comme si vous étiez appuyée contre un mur, avec un petit talon, ni plat ni trop haut. Lorsque vous vous asseyez, calez vos reins dans le fond du siège, ne restez pas sur le rebord et utilisez un petit tabouret pour poser vos pieds à plat si la chaise est trop haute. Si vous devez vous baisser, fléchissez les jambes au lieu de vous plier en deux. Évitez les positions statiques prolongées, les charges lourdes, les gestes brusques. Si vous avez mal, n’hésitez pas à vous allonger, sur le côté, les jambes repliées, ou sur le dos. Pour prévenir les douleurs de la colonne vertébrale, pensez à faire de l’exercice : marche à pied, natation ou gymnastique douce permettront de vous assouplir.

Tension des seins

Surtout douloureuses les deux premiers mois de grossesse, ces tensions, démangeaisons ou sensibilité accrue du mamelon sont dues à l’accroissement du volume de la poitrine. Portez des soutiens-gorge d’une taille adaptée, changez-en au besoin au fur et à mesure de l’évolution de la grossesse et privilégiez les matières naturelles, comme le coton. Si vous constatez des écoulements de colostrum, placez une compresse ou un coussinet d’allaitement sur la poitrine (en vente au rayon puériculture de votre supermarché, en pharmacie ou en parapharmacie).

Douleurs dans le ventre et le bassin

Fréquentes tout au long de la grossesse, les sensations de pesanteur ou de tiraillement au niveau du ventre inquiètent toujours les futures mamans. Souvent pour rien ! Les premiers mois, elles correspondent le plus souvent à l’adaptation de l’utérus et ne sont pas nécessairement annonciatrices d’une fausse couche (cependant, consultez d’urgence votre médecin si elles sont très violentes et/ou accompagnées de saignements) ; par la suite, elles sont provoquées par le développement de l’utérus et la distension des ligaments. À la fin de la grossesse, c’est le relâchement des articulations qui engendre ces douleurs. Pour calmer les zones sensibles, il n’y a guère de remède miracle. Outre la prise d’un antalgique, seul le repos vous soulagera.

Jambes lourdes

Il n’est pas rare que des crampes apparaissent dès le milieu de la grossesse, en particulier la nuit. Levez-vous et massez-vous les cuisses. Si quelqu’un est auprès de vous (et réveillé !) demandez-lui de soulever assez haut votre jambe, puis marchez quelques instants. Il se peut que vous manquiez de vitamine B ou de magnésium. Lors de votre prochain examen, vérifiez avec votre médecin une éventuelle carence qui pourra être combattue avec des compléments alimentaires.

Quels médicaments utiliser ?

Quelle que soit la période de la grossesse, choisissez en première intention le paracétamol (Efferalgan, Doliprane). Cet antalgique, bien évalué et sans danger, ni pour vous ni pour le bébé, vous soulagera des douleurs passagères. Les anti-inflammatoires et l’aspirine sont à proscrire, en raison de leur toxicité fœtale cardio-pulmonaire et rénale. Évitez aussi les mélanges : certains médicaments contenant du paracétamol sont associés à de la codéine ou de la caféine, par exemple, dangereux notamment en fin de grossesse. N’hésitez pas à consulter un médecin en cas d’antécédent d’hypertension artérielle ou si le paracétamol n’atténue pas suffisamment la douleur, ou si celle-ci devient permanente, est invalidante, reste vive et aiguë, est associée à d’autres symptômes, comme la fièvre, des bourdonnements d’oreilles, des troubles oculaires, etc.

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