Apprendre les couleurs à son enfant

Louise adore les couleurs. Elle a du mal à les nommer, mais sait se faire comprendre lorsqu’on lui achète ses vêtements : elle a déjà un goût certain pour le rose !

Jusqu’à assez récemment, on pensait que les enfants étaient aveugles à la naissance et que cet état perdurait quelques jours, voire quelques semaines. Des études récentes ont démontré que 7 mois après leur conception, in utero, les bébés percevaient déjà la lumière.

Quelles couleurs bébé distingue-t-il ?

Si un nouveau-né est doté de la vue, il ne distingue pas encore les couleurs.

  • Il perçoit surtout les contrastes, distingue des zones foncées et des zones moins foncées. La vision de l’enfant se construit au fil des mois et arrive à maturité vers l’âge de 6 ans. Mais vers 18 mois, l’essentiel est déjà en place.
  • On pense que la première couleur que l’enfant distingue est le rouge soutenu, vers 5 semaines. À 4 ou 5 mois, il commence à percevoir toutes sortes de couleurs, à conditions qu’elles soient franches.
  • Une fois le langage et une vision assez précise acquis, vers 2 ou 3 ans, l’enfant commence à reconnaître les couleurs. C’est au programme de l’école maternelle, mais vous pouvez commencer à la maison.

Apprendre le nom des couleurs à son enfant

Dès qu’il commence à manifester son intérêt pour les couleurs, aidez-le.

  • Commencez par les basiques (bleu, jaune, rouge, vert) qu’il distinguera plus facilement. Vous lui apprendrez les nuances plus tard, au fil du temps.
  • Privilégiez le plaisir et le jeu, que cela ne devienne pas pour lui une corvée ou un casse-tête. Lorsque vous l’habillez, précisez : « Je te mets ton pull rouge, ton pantalon bleu… » En cuisine, à table, indiquez la couleur des aliments, puis posez-lui la question : « De quelle couleur est la courgette ? » S’il répond bien, poussez un peu plus loin : « Quel animal est de la même couleur ? Tu te souviens, on l’a vu hier dans le livre… » S’il répond la grenouille, c’est gagné.
  • Lorsque vous lui lisez des contes, détaillez les images : « Tu vois, la princesse a une robe jaune » puis demandez-lui de répéter de quelle couleur est la robe. Demandez-lui où il voit du jaune ailleurs dans le livre. Au début, l’enfant répond un peu au hasard, puis il comprend la logique et la mécanique du jeu.
  • Mettez de la couleur dans son assiette (les compositions colorées stimuleront son appétit), et également dans sa chambre… Bref, dans tout son univers ! L’enfant aime les environnements colorés, mais ne le saturez pas de couleurs criardes qui risquent de le surexciter. Il suffit parfois de s’en tenir à quelques touches vives.
  • Proposez-lui des jeux de coloriage : il en existe pour tous les âges, plus ou moins compliqués. C’est une manière très ludique d’apprendre à différencier les couleurs et d’améliorer son adresse dans le maniement des crayons de couleur.

Un monde de couleurs

  • Dès qu’il peut les distinguer, l’enfant est attiré par les couleurs, surtout vives.
  • Elles suscitent son intérêt, le stimulent ; c’est pourquoi tout ce qui a trait à l’éveil, les livres, les jouets, sont généralement de couleurs éclatantes.
  • Tous les endroits qui accueillent les enfants (les bibliothèques, les crèches et même les services hospitaliers spécialisés) tiennent compte de ce goût et de cette sensibilité aux couleurs franches et gaies.
  • Mobilier et murs n’ont pas peur du rouge, même le plus criard, du jaune pétant, du bleu, du rose ou bien du vert prairie ! Cela met en confiance les bambins, les fait entrer d’emblée dans un monde accueillant, amical, rassurant et joyeux.

Qu'est-ce que le daltonisme ?

Un enfant souffrant de daltonisme ne perçoit pas certaines couleurs, ou a du mal à différencier certaines d’entre elles.

  • Un daltonien ne fait pas la distinction entre le vert et le rouge : ce trouble (héréditaire) affecte davantage les garçons (9 % d’entre eux) que les filles (0,45 %). Il est dépisté très facilement et souvent avant l’entrée au CP. Des tests de dépistage peuvent être réalisés dès l’âge de 3 ans. Ne vous inquiétez pas si votre enfant de 2 ans a du mal à distinguer les couleurs : il commence à peine son apprentissage !
  • Il n’existe aucun traitement mais l’acuité visuelle n’est pas déficiente pour autant. Ce n’est pas un réel handicap, mais plus tard, il n’aura pas accès à certaines professions (pilote de ligne par exemple). Sa scolarité ne devrait pas en souffrir, à condition de prévenir les enseignants, car l’utilisation de la couleur est fréquente dans de nombreuses matières scolaires.

Des goûts et des couleurs

  • Les enfants sont sensibles très tôt aux codes ou aux valeurs qui sont prêtées aux couleurs.
  • Une petite fille peut être choquée si sa tante dit ne pas aimer le rose : « Mais t’es une fille ? », vérifie-t-elle interloquée. Elle peut aussi refuser de porter du bleu, car « c’est pour les garçons ». Qui eux-mêmes ont quelque réticence à porter du rose. Et cette gêne dure… À croire que l’affirmation de son identité passe par le choix des couleurs que l’on porte !
  • Et ce n’est peut-être pas si faux : selon les cultures, les couleurs ont une symbolique, elles sont associées à une situation (chez nous, le noir pour le deuil, mais en Inde, le blanc), à des sensations ou des émotions (l’orangé met de bonne humeur…) Difficile d’y échapper !
  • Essayez d’apprendre à votre enfant qu’aucune couleur n’est dévolue à un sexe. Dans les choix, il ne faut pas être sectaire mais plutôt laisser parler ses goûts… et respecter ceux des autres. Et n’oubliez pas ce précepte lorsqu’il choisira de porter un pull orange avec un pantalon vert et des chaussures rouges !

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