Que faire quand votre enfant mord ou tape

Vous allez chercher votre enfant à la crèche et là, horreur, on vous annonce qu’il a mordu sa petite copine. À la maison, il frappe sa sœur. Derrière ce comportement agressif se cache surtout l’envie d’être dominant dans le groupe et ou une manifestation de jalousie.

L’agressivité d’un tout-petit est souvent déconcertante. Pour les psychologues, cette réaction s’explique, mais pour les parents, il est parfois difficile de savoir quelle position adopter.

Vers 2-3 ans, un enfant aborde ce que le psychanalyste Freud a appelé le stade anal. Le tout-petit découvre son corps et va, en quelque sorte, s’investir dans celui-ci. Avec l’apprentissage de la propreté, il a découvert qu’il avait un nouveau pouvoir : celui de mécontenter ou de satisfaire ses parents. Il prend conscience qu’il a un moyen de pression vis-à-vis d’eux. La rétention anale est la première opposition de l’enfant, il va pouvoir dire NON. C’est à cette période que débutent aussi les pulsions sadiques. L’enfant va dire « non » et taper, déchirer, mordre, détruire. Cette agressivité déroutante n’est que la manifestation et l’application de ces pulsions.

Apprendre la vie en collectivité

En entrant à la crèche ou à l’école, l’enfant rencontre d’autres petits de son âge. Il est soudain confronté à la socialisation : il doit vivre avec les autres et se soumettre à de nouvelles règles. À la maison, sa place est très bien déterminée, mais au sein d’un groupe, il n’est plus qu’un enfant parmi d’autres. Pour se démarquer, toutes les stratégies sont bonnes pour lui et il n’hésite pas à adopter des attitudes observées chez d’autres et souvent chargées de pulsions violentes et agressives.

Il se plaît également à taper sur ses petits camarades parce que son rêve secret est de s’en débarrasser. Il serait alors le seul et unique enfant face à sa maîtresse d’école, ou la puéricultrice de la crèche, reproduisant ainsi un schéma qu’il connaît bien : lui et sa maman. Les enfants ont une vision du monde parfois éloignée de la réalité. Ils vivent comme dans une bulle. En ayant un geste violent, comme taper ou mordre, ils ne comprennent pas forcément qu’ils peuvent faire mal.

La « Maison Verte » de Françoise Dolto

  • À la fin des années 1970, la psychanalyste française Françoise Dolto, a eu l’idée de créer à Paris la première « Maison Verte » : un lieu de vie pour les enfants et les parents. Développées partout en France, ces « maisons » sont des sortes de « sas » entre la vie familiale et la vie sociale. De 0 à 3 ans, les enfants peuvent y faire leurs premiers apprentissages de la vie en groupe. Pour chaque expérience difficile, l’enfant pourra être rassuré ou encouragé.
  • Pour toutes les adresses en France, consultez le site : http://www.dolto.fr/archives/siteWeb/liste.htm

Comment réagir face à l'agressivité de votre enfant ?

Tentez de faire comprendre à l’enfant qu’il n’est pas seul au monde. Aidez-le à canaliser son agressivité et répétez sans cesse que la violence physique est interdite. Parlez avec lui de son comportement. Il a parfaitement le droit de se mettre en colère, mais il doit la verbaliser, plutôt que l’exprimer physiquement. Un véritable travail pour un tout-petit ! Le respect du corps des autres et de la vie en société, ne se fait pas d’un coup de baguette magique. Vous devrez répéter cet interdit pendant plusieurs jours, et même plusieurs semaines. Il finira par trouver sa place et évaluer la bonne distance entre lui et les autres. Pour les parents, le moment est propice pour se poser quelques questions : est-il le « petit roi » chez lui ? A-t-il assez de limites et d’autorité paternelle ? Si les règles de sa vie familiale sont très éloignées de sa vie sociale, un enfant se trouve désarmé. Il cherchera, par tous les moyens, à se faire remarquer. Il faut avoir confiance en lui : ses pulsions tendent à décroître avec le temps.

Astuces de mamans

  • Anne-Gaëlle, 36 ans, maman de Brieuc (3 ans) : « Quand Brieuc devient furieux et s’en prend à ses camarades, je sors “La boîte à colère”. Il s’agit d’une vieille boîte en fer, agrémentée d’un petit verrou. Je propose à Brieuc de jeter sa colère dedans, afin qu’on l’enferme… Si nous n’avons pas la boîte à portée de main, nous jetons la colère en dehors de la maison et nous refermons très vite la porte. »
  • Anne-Claire, 30 ans, maman de Paul (3 ans) : « Quand Paul s’en prend à ses petits copains, j’essaie de lui expliquer calmement que ce qu’il vient de faire est interdit. Mon calme surprend souvent les autres mamans. Je pense que les cris ne servent à rien. »

Fessée ou pas ?

Quand il devient insupportable, l’envie de lui donner une bonne fessée traverse souvent l’esprit d’un certain nombre de parents. Selon les psychologues, cette correction est une réponse à court terme, pour obtenir ce que l’on veut de l’enfant dans l’immédiat : qu’il se calme, qu’il cesse d’agresser ses camarades… À long terme, on estime qu’un enfant n’est pas fait pour recevoir des coups à répétition. Face à un geste de violence, un petit n’a pas de réponse. Par la suite, il pourrait prendre cet acte pour une forme de communication et décider de taper à son tour. Il est facile, cependant, d’exhorter un parent au calme et plus difficile à mettre en pratique quand l’enfant le pousse à bout.

11 comportements à adopter avec votre enfant

  • Imposez à l’enfant une règle claire et faites le maximum pour qu’il s’y tienne. Par exemple : on ne mord jamais un autre enfant, on ne donne jamais de coup de poing.
  • Félicitez-le s’il joue avec d’autres, sans provoquer de chamailleries.
  • Supprimez, si besoin, l’objet du litige : jouet, bonbon, crayons, etc.
  • S’il est agressif à la maison, aménagez-lui un espace, un coin rien que pour lui, afin qu’il puisse s’isoler si nécessaire.
  • Évitez de le comparer à d’autres enfants, plus sages que lui. Vous risquez de faire bouillir la marmite de la rancœur.
  • Sollicitez sa coopération dans des tâches quotidiennes, il se sentira impliqué et valorisé.
  • Écoutez attentivement ce qu’il a à dire : il doit donner sa version des faits.
  • Prenez du recul sur son attitude et essayez de repérer les moments « à risque », afin de chercher une solution.
  • Donnez l’exemple ! Pas de fessée, surtout si vous voulez le punir parce qu’il a tapé un autre enfant.
  • Détendez l’atmosphère après la tempête ! Chacun doit s’apaiser. Inutile de marmonner dans son coin.
  • Initiez-le à l’art du compromis en lui apprenant à prêter ou à échanger.

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