La scarlatine

Devenue assez rare en France, la scarlatine est une infection qui touche essentiellement les enfants entre 3 et 12 ans. Spectaculaire, la « fièvre écarlate » est moins grave que par le passé mais le traitement par pénicilline ou macrolide est indispensable.

Nous ne sommes plus au temps où des pavillons entiers lui étaient réservés dans les grands hôpitaux pour enfants de l’Assistance Publique. Mais les complications qu’elle peut entraîner sont dangereuses pour le cœur et les reins. C’est donc une infection à traiter sans tarder.

Ce n’est plus la « grande scarlatine » que l’on craint aujourd’hui. Sous des formes atténuées, cette infection à streptocoque A continue pourtant d’être dangereuse. Prenez garde de ne pas la laisser passer !

Le responsable de la scarlatine : un streptocoque béta hémolytique du groupe A

D’abord, il y a une angine rouge avec des ganglions dans la région du cou, une déglutition difficile et douloureuse, une fièvre pouvant monter à 40°C, des maux de ventre : ce sont les premiers symptômes d’une scarlatine. L’éruption cutanée, qui donne son nom à la maladie, vient après. En effet, c’est à partir du pharynx et des amygdales que le streptocoque, qui est responsable de la maladie, commence à se développer dans l’organisme.

Des streptocoques résistants à la pénicilline ?

Récemment des manifestations inhabituelles d’infection à streptocoque du groupe A chez l’adulte ont fait craindre un effet négatif de la baisse de la prescription d’antibiotiques. Ou pire : une résistance des bactéries aux traitements jusqu’ici efficaces. Selon le service d’infectiologie de l’hôpital Necker, il n’en est rien. Une plus grande virulence des souches qu’il y a 15 ou 20 ans serait peut-être en cause. Un plan de surveillance des streptocoques de type A est à l’étude en France pour collecter les souches et disposer de plus d’éléments d’information.

Une toxine qui fait rougir la peau

Deux ou trois jours après les premiers symptômes, en général, la toxine, que le streptocoque secrète, se diffuse à travers tout l’organisme.

  • Aines, coudes, aisselles, bas du cou se couvrent de plaques granitées rouges, sèches et brûlantes, s’étendant à tout le corps, sauf autour de la bouche, sur les paumes des mains et des pieds. La « fièvre écarlate » n’a pas volé son nom.
  • D’abord recouverte d’un enduit blanchâtre, la langue prend, elle aussi, une étrange coloration rouge vif.
  • À la fin de la première semaine, dans la plupart des cas, la peau commence à peler.

Ne pas confondre la scarlatine avec une allergie

On peut retrouver le streptocoque responsable de l’infection en faisant un prélèvement au niveau de la gorge, mais cela reste facultatif. C’est la présence de symptômes caractéristiques qui font le diagnostic de la scarlatine, même s’ils se manifestent aujourd’hui de manière plus atténuée. Une allergie ne démarre pas par une angine. Une éruption virale ne provoque pas d’augmentation du nombre de globules blancs neutrophiles. Le médecin fait assez facilement la différence.

La langue scarlatineuse, un signe qui ne trompe pas

C’est un peu comme une signature de la scarlatine, un signe constant que les étudiants en médecine apprennent à reconnaître avant de poser le diagnostic de cette infection. En outre, c’est un symptôme qui persiste malgré le traitement à la pénicilline. D’abord recouverte d’un enduit blanchâtre, la langue finit par prendre, au 6e jour, une couleur framboise caractéristique bien connue des médecins.

Les traitements de la scarlatine

C’est l’utilisation massive de la pénicilline qui a finalement permis la diminution sensible du nombre de cas de scarlatine et surtout la disparition des formes les plus sévères de la maladie.

Le traitement reste le même aujourd’hui et comprend la prescription de dix jours d’antibiotiques, en général de la pénicilline.

Les macrolides, autres antibiotiques, sont prescrits en cas d’intolérance à la pénicilline.

Des risques de récidive ?

Il en existe quelques cas, mais ils sont relativement rares. La plupart des enfants ayant eu la scarlatine sont durablement immunisés contre la toxine qui la provoque. Mais il arrive que certains petits patients ne soient pas protégés contre le streptocoque lui-même qui produit la substance toxique directement en cause. Cette immunisation incomplète serait liée à l’utilisation de la pénicilline.

Au lit !

Compte tenu des risques de contagion, pas d’école pendant au moins deux jours après le début du traitement antibiotique.

  • Mais le repos au lit est souvent conseillé, parfois pendant 15 jours. Les personnes ayant été en contact avec le malade sont alors recherchées et le traitement de l’entourage familial dure 7 jours.
  • Une vérification des urines, 30 jours après, permet de vérifier la guérison complète et d’éviter de graves complications au niveau des reins. L’auscultation du cœur permet de vérifier l’intégrité des valves cardiaques.

Moins d’antibiotiques : un retour de la scarlatine ?

  • L’épidémie de 2003 a posé la question : et si la diminution de la consommation d’antibiotiques favorisait le risque de contagion par des bactéries comme la scarlatine ? La réponse est non, en théorie.
  • En fait, le plan national français, pour préserver l’efficacité des antibiotiques, a surtout un effet positif pour la lutte contre les streptocoques. Désormais, en cas de doute sur l’origine d’une infection, le médecin procède à un TDR, un Test de Diagnostic Rapide. Ainsi peut-il vérifier en quelques minutes la nature de l’infection et réserver le traitement par antibiotiques aux infections d’origine bactérienne comme la scarlatine.
  • Mieux repéré, le streptocoque peut être mieux combattu. Quant aux « pics épidémiques », ils font, selon les spécialistes, partie de l’histoire naturelle des maladies infectieuses. La scarlatine est une maladie que le médecin doit obligatoirement déclarer, ce qui permet l’établissement de statistiques de surveillance.

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